Comment préserver son périnée en période de ménopause ?

 

Comment préserver son périnée en période de ménopause ?

Il existe un aspect de la ménopause qui semble encore tabou : le dysfonctionnement du périnée. Plus vous avancez en âge, plus votre périnée peut s’affaiblir et vous pouvez avoir de plus en plus de mal à contrôler votre vessie.

Les conséquences de la ménopause sur le périnée sont nombreuses :

  • Relâchement des tissus accompagnée d’une perte de sensations intimes,
  • Diminution de lubrification naturelle occasionnant une gêne voire des douleurs lors des rapports sexuels,
  • Baisse de libido,
  • Fuites urinaires.

Impact de la ménopause sur le périnée

Durant la ménopause, vos ovaires cessent de produire de l’œstrogène. 

Il s’agit d’une hormone essentielle dans la vie d’une femme car elle assure le développement, le maintien et le fonctionnement des organes génitaux et de la poitrine. Elle permet aussi de réguler les menstruations. Pendant la grossesse, l’oestrogène est sécrétée en quantité beaucoup plus importante pour permettre d’assouplir les ligaments et les tendons qui sous-tendent l’utérus, afin de le préparer à accueillir le foetus. 

Lors de la ménopause, la chute du taux d’oestrogènes dans l’organisme va se manifester par  des symptômes d’ordre génital (troubles vulvo-vaginaux tels que brûlures, irritations, sécheresse) et sexuel (douleurs et inconfort pendant les rapports intimes).

Mais cette chute va également s’accompagner d’une diminution de synthèse du collagène, protéine structurale conférant aux tissus leur résistance mécanique à l’étirement : les tissus perdent de leur élasticité et de leur tonicité.

Lors de la ménopause, votre périnée, groupe de muscles qui soutient l’utérus, la vessie et le rectum, n’échappe pas à la règle. Il peut aussi naturellement s’affaiblir, avec pour conséquence possible l’apparition de fuites urinaires voire, dans certains cas, d’une descente d’organes.

Les pertes urinaires, conséquences directes d'un périnée affaibli

L'incontinence durant la ménopause en quelques chiffres

Une femme sur trois souffrira d’incontinence urinaire à un moment donné, et une sur deux connaîtra un prolapsus léger ou modéré pendant la ménopause. Ces problèmes sont donc très courants, mais pas normaux pour autant.

La solution mise en avant par les magazines et les médias, qui consiste à poser des serviettes de protection et des culottes discrètes ne visent qu’à donner de la dignité aux symptômes. Elles ignorent les causes et les véritables solutions qui existent.

L’ensemble de ces symptômes est regroupé sous l’appellation Syndrome Génito-urinaire de la Ménopause (SGM). Selon une enquête Opinion Way  menée en 2016 auprès de 504 femmes âgées de 45 à 65 ans et de 100 gynécologues, on estime qu’en France 50% des femmes âgées de 45 à 65 ans sont touchées par ce syndrome génito-urinaire

Impact psychologique des pertes urinaires

Cela peut commencer par une petite fuite lorsque vous riez, toussez, éternuez, ou lorsque vous faites votre footing. On préfère ne pas y penser, on relativise… cela arrive à des tas de femmes après tout !

Mais avec le temps, les choses évoluent. Vous vous rendez aux toilettes régulièrement, juste au cas où. Vous portez des vêtements plus sombres et évitez certaines activités pour ne pas vous retrouver dans une situation embarrassante. 

Il peut se passer des mois voire des années, car les fuites deviennent tout simplement “acceptées”. En moyenne, il faut plus de 6 ans aux femmes pour consulter un spécialiste sur le sujet

Ce retard est due à la fois à l’embarras et à un simple ” manque de connaissances “. 43 % des femmes considèrent en effet que les symptômes génitaux urinaires rencontrés font partie du processus de vieillissement.

Malgré tout, cela peut avoir un impact significatif sur la qualité de vis et la vie sexuelle. L’estime de soi peut être dégradée, ce qui peut conduire à un certain isolement voire une dépression.

Facteurs aggravant du risque d'incontinence urinaire

L’affaiblissement du périnée n’est pas le seul critère d’apparition d’incontinence urinaire. Associé en période de ménopause à l’un des facteurs suivants, le risque de pertes urinaires sera plus important :

Votre consommation d’eau 

Votre consommation d’eau peut avoir des conséquences directe sur votre activité vésicale :

Boire trop d’eau, soit au-delà de 3 litres par jour, peut être responsable d’incontinence par débordement, de méga vessie, en dehors de toute pathologie neurologique,

A contrario, la sous-hydratation favorise le développement d’infections urinaires. L’hyper concentration des urines va entraîner une irritation des muqueuses vésicales, diminuant par conséquent la capacité fonctionnelle de la vessie.

Votre consommation d’alcool et de caféine

Des boissons contenant de l’alcool ou de la caféine (café, thé, soda…) ont un effet diurétique entraînant une hyperactivité vésicale.

Le tabagisme

Le tabac étant responsable de l’altération du collagène, il peut participer au relâchement des tissus et donc augmenter lui aussi le risque d’apparitions de troubles urinaires. La ménopause est donc peut-être LE bon moment pour arrêter de fumer ! 

Les infections

Les infections des voies urinaires ou de votre vessie peuvent provoquer une incontinence temporaire. Pour prévenir le risque d’infection, préférez les sous-vêtements en coton plutôt que synthétiques et n’hésitez pas à consommer de la canneberge. 

La maladie

Des maladies comme le diabète ou la sclérose en plaques peuvent causer des lésions nerveuses. A leur tour, celles-ci peuvent interrompre les signaux transmis par la vessie à votre cerveau et ainsi vous empêcher de ressentir un besoin urgent d’uriner. 

La polymédication

Les personnes âgées peuvent souffrir de plusieurs pathologies chroniques, nécessitant la prise de nombreux médicaments. Chacun d’entre eux est susceptible d’aggraver le risque de fuites urinaires.  

Si vous souffrez de problèmes d’incontinence urinaire, pour ne pas risquer d’aggraver le problème, il est indispensable d’en parler à votre médecin. Il adaptera au mieux vos traitements (modification des dosages ou de l’ordonnance).

La constipation

La constipation chronique ou à long terme peut affecter le contrôle de votre vessie. Cela peut également affaiblir les muscles de votre plancher pelvien, ce qui rend plus difficile la rétention d’urine.

Etre en surpoids

Un surpoids occasionne une augmentation de pression sur les muscles de votre périnée, ce qui va les fragiliser. La perte de poids est une recommandation de première intention chez les personnes en surpoids qui souffrent majoritairement d’incontinence urinaire mixte. Une perte de poids de 10 % pourrait réduire la fréquence des fuites de 47 %

Quelques réflexes à adopter au quotidien pour votre périnée

 

Conserver un périnée tonique lors de la ménopause, c’est la garantie d’une meilleure continence urinaire et anale ainsi qu’une vie sexuelle plus satisfaisante (meilleure lubrification naturelle, sentiment de vagin plus serré). Pour cela :

  • Effectuez régulièrement des exercices de renforcement périnéal, seule ou au moyens d’accessoires intimes tels que les boules de geisha,
  • Verrouillez votre périnée lors de tout effort ponctuel doit devenir un réflexe. Une petite contraction au moment de soulever une charge, et on limite le risque de perte urinaire
  • Conservez une activité sexuelle régulière, en utilisant un lubrifiant pour pallier à la sécheresse intime,
  • En position assise, veillez à maintenir une posture adaptée, bassin en arrière, pubis en avant, particulièrement sur les toilettes. Aidez-vous d’un marche-pied pour une position de défécation naturelle.
  • Essayez de mettre en place une respiration abdominale, qui est la plus physiologique. Pour éviter les pressions sur votre périnée, gonflez votre abdomen à l’inspiration et sortez le ventre à l’expiration.

En cas d’apparition de fuites urinaires est de consulter un spécialiste. C’est souvent plus facile à dire qu’à faire, car le sujet touche à l’intime. Mais cet article vous aura montré que de nombreux facteurs pouvaient entrer en jeu dans l’apparition de ce désagrément : il est donc primordial de déterminer le traitement le plus adapté à chacune.

 

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